Dark Sanctuary & Dark Lullaby
(le 7 juillet 2008)

La Chanson sans Reflet
Ton écho ne me rend plus ma voix et tes yeux ont volés mon reflet. Mon ombre est fondue dans la tienne et nos odeurs se mêlent. Je regarde le ciel mais rien ne vient. Je cherche mais les couleurs sont mortes. Et les nuages restent gris, et les oiseaux ne volent plus. Tu te souviens ? Je ne suis pas seule je sais. Mais j'aimerai ne pas savoir, ne jamais rien connaître. Fermer les yeux et voir du rien. Ouvrir les yeux et être aveugle. C'est la règle de deux et l'instinct à pourrir.
Je suis la poupée sans nom. Pourtant tu m'appelles. Où as-tu trouvée cette chanson ? Et tu continues ces soirées si belles. Pas oubliée totalement. On peut bien crever la gueule ouverte y'a rien ni personne qui s'en vantera. J'm'en moque j'suis pas la poupée sage. Je vous ressemble autant qu'vous êtes différents entre vous. La différence c'est des histoires. Dessine moi avec ce qu'il reste. Pleure sur ce qu'il en restera. J'use, j'use tes principes. C'est sombre, illisible, c'est laid, irritable. Jette ça... et souffle sur tes doigts.
Bloody Doll
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(le 23 juin 2008)

La Beauté Nécrophile
Hanté par son souvenir perdu je m'accroche à elle qui n'existe plus. C'est fini elle n'est plus mienne. Et elle ne sera plus jamais à personne. Je l'ai touchée, je l'ai conquise, je l'ai volée...
Ses yeux m'emportent encore au delà de la réalité. Je vis dans le fantasme de son retour. Mais les rêves ne sont qu'ephémères et j'ai oublié sa voix. Elle me semble si lointaine mais elle est pourtant là.
La voir étendue sur ce lit, les paupières closes, si apaisée. Et sa peau est si blanche, si désirable. Et son corps est si froid, si mort. Elle n'est plus que le cadavre de nos vies. Elle rythme les battements de mon coeur. Mes larmes ne sont que pour elle. Et chacune que je verse brûle mon âme qui s'égare.
J'ai violé le sanctuaire de tes sentiments. Tes regards enfantins et implorants ont brisés ma morale. Tu es absurde, je suis mon propre rival. Provoque moi mon amour que mes désirs t'emportent. J'aime à parfaire ta séduction putride. L'usure de tes gestes t'as bien punie. Transformée en misérable victime de notre union te voilà légère, mortuaire emprise.
Comme tu es belle enlacée dans ces draps lugubres. Inerte, simplement vêtue de ta chair qu'il me plait de goûter. La magie de tes souffles maintenant éteint résonne dans la pièce. Ton repos éternel complète mes envies. Reste avec moi à jamais. Pourquoi vouloir partir. Les marques de ton cou si fragile mordent mon esprit. Ta dépouille sublimée rend mes actes intenses. Etre morte te va si bien. Ne t'éveille pas, je te tuerai encore...
Bloody Doll
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(le 27 mai 2008)

J'existe autant que toi même si t'existe plus
Sans doute brisée par des vents qui soufflaient un peu trop fort sur ma peau. C'est fragile une poupée. La cire a fondue je n'ai plus de jambes. Mes bras trop petits pour t'attraper battent l'air docilement. Pendue à tes lèvres. L'estropiée qu'est que dalle mais qui voudrait être.
C'est ce foutu avenir qui bouzille nos présents. J'me sens percée par les mensonges des autres, ça m'bouffe et pourtant j'suis toujours là. Faut qu'j'me plaigne et que j'pleure un peu histoire de réparer. C'est triste comme on se bat pour vivre une vie que l'on aime pas. C'est dingue cette force bestiale qui frappe les instincts. Et moi ? Tu me frapperai ? Pffeu. Même pas peur tu sais. J'crache sur ta volonté de me détruire. J'existe autant que toi même si t'existe plus...
Bloody Doll
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(le 1 avril 2008)

Les Ecritures Perdues
Je suis froissée dans ma jolie robe de papier. Une poupée épinglée au fond d'un sombre tiroir. Si seule. Préservée de la poussière dans cette antre vide. Frêle. Bientôt rongée par les rats. Je les sens. Ils grattent ce mur de bois qui nous sépare. C'est mes yeux qu'ils veulent. Je suis si chaude dans cet univers. Son corps me protège, je ne risque plus rien. Déplacée par le vent dans mon monde en deux dimensions. Noir et blanc, les couleurs sont effacées. Blanc, mes traits sont gommés...
Colore moi s'il te plait. Ne me jette pas. Je saigne. Pourquoi ? Sang d'encre. Le papier ne peut normalement pas. Mais es-tu normale poupée ? Ton visage poudré et dissimulé porte des traces d'éternité. Une pincée d'orgueil pour te détruire complétement. Les symboles te rappellent à la réalité. Repassez moi, écrasez moi, essuyez moi, essayez moi...
Je vous hais. Je me hais. Délectation des souffrances profanes.
Je suis dure. La poupée de pierre, infantile et sage. L'image. La peste cachée, la maladie provocatrice. Le pouvoir de ma plume est perdu, plus rien ne se libère. Garde ta présemption. Laideur et stupidité.
Il y a des inscriptions sur mon habit de feuille. Rien de bien utile. Futiles et fragiles conversations. Des mots perdus. Les Ecritures perdues. Mes mots perdus...
Bloody Doll
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(le 28 février 2008)

Salope
Salope, Salope, Salope
J’adopte. Comme je le porte bien. Merveilleuse chanson que mon nouveau nom. Même pas peur. Ce n’est pas moi mais tant pis. La perdition des âmes, on s’en fout l’humanité n’en a pas. Voilà la vilaine fille qui revient du noir. Fini.
Maquillage à outrance et mauvais genre. Hurle ta haine, cogne, tu t’en fous comme toujours. De la mauvaise graine. Vend tes mots ils ne servent à rien. Personne ne lit, personne n’écoute, personne ne comprend. Salope ! Cache toi tu n’es que honte. Violence et débauche. Décadence stupide. Condamne-toi, condamne-moi. Merci.
Salope, un de mes mots favoris. Il suinte le sexe et la corruption. Il pue le relent de cadavre de pute. On respire la merde des corps qui pourrissent dans l’alcool. Tous des assassins qui déterrent les souffles. Nous sommes meurtriers des sens. Touche, écoute, sens, goûte, vois. Profite de la vie ça ne dure pas. Oublie les complexes et la médisance. Ce que les gens disent c’est de la connerie. Qui peut prétendre te connaître ? Tu ne te connais pas toi-même. C’est pas ces petites pétasses dans la rue qui peuvent juger mon apparence. J’suis une garce fidèle en amour. Une amante passionnée et envoûtée. C’est la pudeur qui invente les pervers.
Je t’aime, je t’aime, je t’aime
Même la vermine aime et peut être aimée. Pas de mensonges, juste du rêve…
Crève… Salope…
Bloody Doll
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Botanique, plumes et viscères
Aujourd'hui je me suis déguisée en ange. Est-ce que je pourrai être le tiens demain ? Non. On ne veut pas de toi sous la terre. La verdure ne s'arrose pas de larmes.
J'ai des plumes synthétiques aux jointures en plastique. Je suis fausse. Je joue à ne pas être. La mémoire efface mais le coeur ne pardonne pas. Je l'avoue ça fait mal. Mais ne suis-je pas maso ? J'aime ça. Jamais lassée du trop. Plus, plus, je suis avide. Identités respectées, monstres, monstres, aucun mérite. J'expie, recrache et mache. Comme c'est bon de ne pas savoir. Dévore, mords, meurs...
Poussez jolies plantes... Le mauvais homme vous arrachera. Le bon vous massacrera. Je ne sauve personne. Offrez vous à moi... Dépouillée, mes plumes et ma peau jonchent le sol. L'argile et le sang se mêlent. Au beau bouquet qui en naîtra. Engrais du ciel, le ventre d'un ange...
Bloody Doll
_J'ai pris mes ailes et je suis partie...
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La Poupée Morte-Vivante
Tu pourris. Cadavre animé. Tu marches et tu ris. Mais les morts ainsi ne sont-ils pas des zombies ? Tu dévore la chair d'autrui sans aucune gène. Tu manges et détruit. Nourris toi de la décomposition de ces gens que tu as trahit. Ronge les os, suce la moëlle et crache le reste. Lacère leur peau de tes ongles sales. Avorte ton coeur pour ce que tu en fait.
_"Non j'veux pas être ça !
_Tu l'es pourtant.
_Mais je respire et je vis. J'existe je le sais. On me l'a dit et gravé dans la peau."
Une trace, un mensonge, une idée. Naïve et si craintive. Tu as encore perdu ton jeu. Tes cartes sont pleines de sang, le plateau est souillé de vomi. Tu es faible, tu le sais ça aussi ? Qu'importe tant que tu me supporte. Seul toi compte. Je me traînerai à tes pieds juste pour rester...
Bloody Doll
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(le 8 mai 2008)

Vampire
Vaniteuse enfant, embaumeuse placide de l’élégance morte.
Acide de sang là où ton cœur se verse, menteuse violée trahie de sa sève.
Marquise maladive aux airs indolents et maussade, aspire le sens de leurs vies.
Plaie éphémère qui mène aux hommes oublieux. Prisonnière maîtresse.
Irréelle jeune femme pourquoi te caches-tu encore quand vient la nuit ?
Reste donc t’abreuver de ces soupirs volés aux bouches rougies par tes dents.
Emmène-les sous ta cape fantasque et traîne leurs ventres sur ta tombe…
Bloody Doll